Alimentation : Des poisons au menu !

Gilles-Eric Séralini professeur à l’université de Caen en biologie moléculaire, chercheur sur les effets des pesticides, de différents polluants et des OGM sur la santé, tire la sonnette d’alarme.

GILLES ERIC SƒRALINI EST PROFESSEUR DE BIOLOGIE MOLƒCULAIRE Ë L'UNIVERSITƒ DE CAEN, CHERCHEUR ET CODIRECTEUR DU PïLE "RISQUES, QUALITƒ ET ENVIRONNEMENT DURABLE". IL A MENƒ ENTRE 2008 ET 2011 UNE EXPƒRIENCE DONT LES CONCLUSIONS ONT RƒVƒLƒ LES EFFETS TOXIQUES SUR DES RATS D'UN OGM ALIMENTAIRE ET DU PESTICIDE ROUNDUP DE LA FIRME MONSANTO. IL POSE ICI AVEC SON ƒQUIPE DANS SON LABORATOIRE DE CAEN : NICOLAS DEFARGE (CHEVEUX BLOND), ROBIN MESNAGE (CHEVEUX NOIR) ET JOEL SPIROUX PRƒSIDENT DU CRIIGEN - COMITƒ DE RECHERCHE ET D'INFORMATION INDƒPENDANTE SUR LE GƒNIE GƒNƒTIQUE (VESTE NOIRE), QUI A COFINANCƒ L'ƒTUDE. CAEN, NORMANDIE, FRANCE. FƒVRIER 2013.
Avec son équipe, Gilles-Eric Séralini a prouvé la toxicité des OGM et du Roundup sur les rats en menant des études sur deux années. Il a également découvert les poisons qu’ingurgitent les rats de laboratoire dont se servent les transnationales pour déclarer leurs pesticides et leurs OGM comme non toxiques pour l’espèce humaine, comme bien d’autres produits chimiques qu’ils commercialisent. Le chercheur précise « Nos travaux montrent que le glyphosate n’est pas le Roundup, car il contient des composés encore plus toxiques qui sont cachés et classés confidentiels et inertes par les transnationales ».

Le chercheur et son équipe sont allés plus loin, suite aux critiques et tirs groupés de la part de pseudo-scientifiques et communicants de multinationales déguisés en chercheurs. Les industriels se cachaient derrière le fait que les rats utilisés pour les études étaient en mauvaise santé pour d’autres raisons que la consommation du Roundup ou des OGM. Les rats témoins de l’équipe de Gilles-Eric Séralini n’avaient pas les mêmes symptômes : « nos rats étaient alimentés avec de la nourriture sans pesticide et sans OGM pour les témoins sains. Et nous avions ajouté des pesticides ou des OGM pour les autres ». Ces rats alimentés avec des produits toxiques, que tout humain peut consommer, sont tombés malades « avec 75% de tumeurs mammaires. Ils mouraient également de maladies rénales et hépatiques. En plus, il y avait même des inversions d’hormones sexuelles ». Les rats qui ont permis ces recherches viennent d’une souche recommandée par les autorités internationales, nommée Sprague Dawley.

Une mafia organisée
Pour étayer l’étude précédente et découvrir le pot au rose, Gilles-Eric Séralini et ses confrères ont fait venir de la nourriture de cinq continents « nous découvrons que tous les lots sont contaminés. Les lots qu’utilisent les industriels pour leurs propres rats témoins sont contaminés à des doses faramineuses avec des pesticides, PCB, dioxines… Et même jusqu’à 50% d’OGM dans un lot soi-disant témoin qui avait servi pour l’autorisation d’un colza transgénique ». Ils décident de publier ces résultats dans une revue scientifique internationale. Immédiatement, les industriels font pression « la veille de la conférence de presse, celle-ci est annulée et reportée. La rédaction nous dit : nous allons retarder la sortie de votre publication ». L’information est sortie avec retard et la censure a sévi. Gilles-Eric Séralini a été durant neuf ans expert auprès du gouvernement français, puis du parlement européen, il ne mâche pas ses mots sur les pseudo-critiques « c’est une mafia de lobbys qui se fait prendre pour la communauté scientifique. Cette mafia masque les effets secondaires de la plupart des produits qu’elle propose sur le marché. Aujourd’hui quatre vingt-cinq réseaux financiers possèdent plus de la moitié de la richesse mondiale. Ces gens là, jouent trois fois la dette de la Grèce sur les fonds monétaires internationaux. C’est eux qui font réellement la politique du monde et sont au-dessus des états ».

 
Entretien à suivre prochainement
Christian Moretto journaliste à E-volutions Radio Occitanie et TV SOL

Credit: Photo Gilles-Eric Séralini
Gilles Eric SEƒRALINI est professeur de biologie moléculaire à l’Université de Caen, chercheur et codirecteur du Pôle Qualité et Environnement Durable. Il a mené entre  2008 ET 2011 une expérience dont les conclusions ont révélé, sur des rats,  les effets toxiques d’un OGM alimentaire et du pesticide Roundup de la Firme Monsanto.