Back To The Collage (Rencontre entre vinyle et polaroid)

« Back To The Collage »  est un événement pluridisciplinaire mettant en avant deux supports matériels artistiques réunis par la thématique du collage: le Polaroid et le vinyle. Il se déroulera chez Raul Diaz, passionné de photo instantanée, du 19 au 25 septembre 2014  à la boutique, espace de création et lieu d’exposition En Face, 8, rue Gambey, Paris 11ème.

Une nostalgie à valeur sociale

Depuis quelques années nous assistons à un nouvel engouement pour le vintage ou plus simplement un retour aux sources. Peut-être est-ce une manière d’esquiver un monde en pleines turbulences fait de crises, d’instabilités et de conflits, au profit d’une époque où les valeurs nous transportaient vers un « futur » florissant. Ne serions-nous pas devenus nostalgiques ? Rien de nouveau en cela puisque de manière cyclique nous éprouvons ce besoin de remonter le temps. Pourtant la nostalgie qui a gagné notre société est un peu particulière puisqu’elle s’est emparée de nos habitudes de consommation sur fond de quête du souvenir, mais un souvenir inaltérable, irréfutable. Selon Simon Reynolds, c’est l’enregistrement, sous toutes ses formes, qui a donné naissance au rétro(spectif), désormais décliné en vintage car ce dernier intègre une notion d’ancien authentique, voué à restituer l’atmosphère du moment. Et bien sûr dans ce panorama, ni le vinyle, ni le polaroid n’échappent à la règle. 

Ainsi, bien que les plateformes de téléchargement se soient démultipliées, les ventes de vinyles font un retour en force. On le croyait à jamais disparu. Trop grand, trop lourd, imparfait avec ses craquements…, feu le bel objet, un peu trop vite enterré par des technologies en quête de perfection et de révolutions qui ont aussi leurs limites. En effet, la passion pour cette galette ne s’est jamais véritablement démentie ou éteinte, pas plus que le polaroid n’a suscité un désaveu, car en dépit de leurs imperfections ces objets ont une âme.
Certes le vinyle craque parfois au fil des sillons mais ces tourbillons livrent des sons qui ont de la texture, de la trame, du lien, du témoignage. Merci aux aficionados du genre pour avoir entretenu la flamme et grâce auxquels il reprend aujourd’hui du galon. Il a certes retrouvé ses fidèles mais également fait, au passage, de nouveaux adeptes, notamment parmi ceux n’ayant connu que la froideur un peu glacée des CD ou l’objet virtuel téléchargeable en un clic. Cette reconquête ne se limite pas au son, elle crée une forme de fascination et réinvente le besoin tactile car quoi de plus agréable que de détenir entre ses doigts un bel objet, de le toucher, de se l’approprier pour mieux renouer avec les émotions qu’il diffuse. Quant au polaroid, ses utilisateurs ont très vite succombé à l’élégance de ce petit boîtier connu pour la magie de son immédiateté, avec ce petit clac caractéristique faisant penser  à un clap de cinéma avant de dévoiler ce qu’il avait saisi de l’instant. Andy Warhol, lui-même, y voyait une manière de capter l’instant présent et avait bien perçu les subtilités de l’instantané argentique, dont il se servait comme base de travail pour peindre ses portraits ou effectuer ses sérigraphies.
Le vintage offre un contact particulier avec ce je ne sais quoi de sensuel, d’intime que l’ère du numérique ne peut offrir car juste emprunt de nouveauté et cela vaut aussi pour les livres. Les artistes l’ont bien compris. Ces vieux objets ont une fonction sociale bien réelle.

Aussi, lorsqu’on est artiste, quoi de plus normal que d’établir un parallèle entre la photographie et la musique, deux disciplines liées entre elles par leur fonction. Grâce à  Back to The Collage, elles le sont aussi par le collage et les transformations, vouées à mutations. L’approche de Back to The Collage est claire « Il était temps de valoriser ce lien et de faire découvrir ou redécouvrir cette esthétique si riche et si vaste ayant inspiré un grand nombre d’artistes depuis sa création ».

Le Vintage et l’art ou l’Art du vintage

Le vintage désigne les objets, accessoires, vêtements démodés appartenant au passé. Lesquels sont parfois récupérés, ressuscités pour entamer une nouvelle vie, parce qu’ils sont gages de valeurs sûres auxquelles nous sommes attachés. Peut-être sont-elles des valeurs refuges… Vouloir faire du neuf avec du vieux est devenu « tendance » depuis une dizaine d’année mais l’engouement pour le vintage date de 4 ou 5 ans, en correspondance avec la crise, ce qui ne relève pas du hasard. L’histoire démontre que chaque époque de crise est marquée par un repli sur le passé. Le recyclage de l’ancien n’est pas remis au goût du jour juste  par souci d’économie mais parce qu’il fait appel à nos souvenirs, éveille la nostalgie, nous sécurise, peut-être synonyme d’insouciance, de qualité de vie, de traditions rassurantes, de joies enfouies dans la mémoire, d’éveil des sens et parce qu’il fait souvent rejaillir nos émotions profondes. Il devient presque nécessaire à nos vies comme si posséder un peu du passé avait valeur d’héritage. Mais un héritage dont on fait un autre usage, que l’on se réapproprie. Le  projet de Back to The Collage va à la rencontre de ce passé qui nous est cher avec ce qu’il suggère au plus profond de nous -même.
Back To The Collage met en avant deux supports artistiques « vintage ». L’un est visuel et l’autre est sonore. Tous deux liés par l’esthétique du collage et des transformations diverses : le Polaroid et le vinyle.
« On connaît les collages de Georges Braque et ceux de Picasso mais cette esthétique a touché bien d’autres domaines dans les arts visuels, et pas seulement : ceux de la photographie instantanée et de la musique sont également concernés par l’esthétique du collage et des transformations diverses. C’est au travers du Polaroid et du vinyle que « Back To The Collage » met en avant le collage et les transformations existant dans la photographie instantanée avec une exposition de ces clichés, et dans la musique avec un DJ-s et où le vinyle sera le support premier du DJ »…. « A l’heure où le numérique semble prendre le dessus sur la photographie et la musique, il paraît important de réaffirmer la valeur matérielle du Polaroid et du vinyle qui sont aujourd’hui encore des objets indémodables ».
Ce projet vise donc à réunir deux disciplines artistiques liées par une thématique commune : le collage et les transformations
Suite à l’arrêt de production des appareils à développement instantané, lié à la faillite de la firme Polaroid en 2008, les artistes ont néanmoins pu continuer à travailler avec les clichés instantanés grâce à Impossible Project fondé par André Bosman et Florian Kaps en 2010. L’impossible projet devint possible et le mot fin ne fut pas inscrit au triste chapitre de l’extinction de l’une des innovations les plus emblématiques du 20 ème siècle. De plus, sa réussite permit à la communauté des passionnés de Polaroid de se retrouver et même de faire des émules.

Exposition, rencontres et ateliers

L’exposition de Back to The Collage présente les œuvres d’artistes photographes travaillant uniquement sur Polaroid et clichés instantanés.
Ces artistes les manipulent dès leur sortie de l’appareil grâce à diverses techniques: collage, découpage, ajout de matériaux, grattage de la surface… Ces techniques vous seront présentées au cours d’un atelier et d’une performance de Lili Plasticienne accompagnée en parallèle d’un DJ-set.

Au cours de l’atelier, l’artiste montrera comment il est possible de manipuler un cliché au sortir de l’appareil. La première partie sera centrée sur l’utilisation du PIC 300, appareil instantané récent dont le format des clichés a sa particularité.La seconde partie s’articulera autour de la manipulation des clichés « Impossible Project » grâce à l’appareil Polaroid 600. Raul Diaz montrera notamment la technique de « transfert par émulsion » permettant le transfert d’une image instantanée sur divers matériaux. Chacun repartira avec son œuvre d’art !
Le nombre de places pour cet atelier étant limité, les réservations sont indispensables, moyennant une contrepartie fixée  à 20 €

Collage et transformations dans le mix musical / DJ-set & atelier

De la même manière que le fait un plasticien, le DJ assemble, colle et transforme des morceaux et des sons avec ses platines, d’où le rapprochement entre vinyle et polaroid, entre DJ et plasticien.

Trois DJs viendront mixer sur vinyle uniquement en parallèle de l’exposition.

Un atelier gratuit vous sera également proposé pour venir découvrir et appréhender la manipulation des sons.

Cette exposition très originale vous permettra d’appréhender les travaux artistiques de Lili Plasticienne, de Nathalie Gélard , Marion Lanciaux, Raul Diaz et les sons des DJ Hybu,  DavJazz, DJ Kazard

NM

Programmation :

Vendredi 19 septembre:

– accrochage de l’exposition (Polaroid et clichés instantanés retravaillés)

– atelier « mixe sur vinyle »

– vernissage

– DJ-set sur vinyle uniquement avec Hybu, Davjazz et DJ Kazar

Samedi 20 septembre:

– exposition toujours accessible

– atelier photo axé sur la transformation et le collage sur cliché instantané (PIC 300 et Polaroid 600)

Date : Exposition accrochée jusqu’au 25 septembre 2014
Lieu : En Face (8, rue Gambey / M° Parmentier)
Tel: 01 48 07 86 79
Suivez sur facebook: www.facebook.com/Polaroid.culture