La confiance en soi s’acquiert et s’entretient

Mais que signifie au juste avoir confiance en soi ?
Force est de constater que nos sociétés, quelque peu malmenées par des stress de tous ordres, semblent bien démunies et dépourvues de cet élément. Pourtant tout porterait à croire le contraire.
Tout d’abord parce que « l’apparence » prend une part de plus en plus importante dans nos vies. Elle constitue par exemple l’un des critères d’embauche. Les publicités et effets de mode envahissent notre quotidien. Pour se  sentir mieux, plus forts et dans le « coup », il faut apprendre à consommer et suivre sans relâche le  mouvement.
L’individu se sent reconnu grâce à l’image que le système de consommation lui  impose et lui renvoie : il existe !
Ensuite, qu’en est-il de «l’uniformité». Faire attention à ne pas afficher sa « singularité » au niveau des idées et  des convictions personnelles, au niveau des initiatives créatrices, au niveau de l’emploi et du statut social. Alors si le groupe fait l’unanimité, sans doute a-t-il raison ?
« L’union fait la force » peut-on dire. Mais alors comment faire pour « être soi » tout en gardant le contact avec les autres ? Parce qu’il s’agit de cela. Appartenir à un groupe, à une institution, à une famille ou à une entreprise et se reconnaître en tant que personne «autonome » et « fidèle » à elle-même.
La confiance, c’est avant tout un état d’esprit. Alors qu’entend-t-on par état d’esprit ? C’est cet indicateur qui informe de son état d’être : « Ça va ou ça ne va pas ».
Ça va ; rien ne m’empêche d’agir. Ça ne va pas ; tout m’empêche d’agir.
Manière simpliste et raccourcie, me direz-vous, de définir la confiance en soi. Parce qu’un état d’esprit et, de surcroît, optimiste et constructif, ça se découvre et ça se travaille… Il est propre à chacun et selon un ensemble de paramètres qui influent sur le fait que je suis ou que je ne suis pas, que je fais ou que je ne fais pas. Vous l’aurez compris, il s’agit de révéler la confiance en soi en apprenant de soi et sur soi.

Sur quoi repose-t-elle ?  Nous venons de le voir, la confiance en soi s’appuie sur un état d’esprit, unique et individuel, selon des critères propres à chacun. Ensuite, toute personne a besoin d’être estimée. Nous parlerons alors de l’estime de soi. Celle-ci étant un pilier fondamental pour retrouver sa confiance en soi. Le regard que je porte sur moi et que les autres me portent, vont permettre de déterminer la valeur la plus proche de mon être.
Il n’est pas possible de vivre déconnecté des autres. L’interdépendance avec les autres construit la personnalité et les signes de reconnaissance envers soi-même. De manière  générale, « communiquer » avec l’autre, apporte la nourriture nécessaire à son propre développement, et en retour à l’autre.  La communication passe par les relations élargies ou intimes avec les autres. Ce qui implique que chacun est libre de « s’affirmer », c’est-à-dire, d’oser échanger de manière tranquille avec lui-même, quelle que la perception des autres face au monde. En résumé, la confiance repose sur un état d’esprit, l’estime de soi et l’affirmation de soi.

Il est important que nous la développions dans notre vie quotidienne et ce qui permet de se réapproprier la confiance en soi, c’est l’expérimentation. Que celle-ci soit unique ou répétitive, les expériences ont pour effet de prendre appui sur des faits concrets, de les analyser et d’en retirer des informations formatrices sur soi et sur les autres. Par ailleurs, la mise en pratique développe le goût de recommencer lorsque les expériences en sont fructueuses et positives, ou le goût d’améliorer les visions lorsque les expériences en sont plus difficiles et douloureuses.
Prendre conscience que nous sommes acteurs et responsables de notre vie, change notre champ de conscience sur la vie en général. De ce fait, l’intégration de nos épreuves doit être perçue comme autant de témoignages précieux qui font partie de l’environnement global dans lequel nous sommes amenés à vivre.

Confiance en soi et estime de soi, sont intriquées. La confiance en soi est à la fois le résultat d’un travail personnel et le sel de notre être. Cela veut dire que l’estime de soi fait partie intégrante de la confiance en soi. En se dévalorisant, il est possible de perdre confiance, de même qu’en s’enorgueillissant, nous ne sommes plus dans le domaine de la confiance mais dans celui de l’égo(centrisme).

Vous l’aurez compris, la confiance en soi est un chemin de vie. Il s’agit de mettre en mouvement les effluves de la confiance pour s’en approprier et humblement accepter que ce ne soit pas un « kit de bien-être », mais bel et bien un cadeau qui nous est offert et qui demande à être entretenu comme un objet précieux, autant que sa propre vie.

Respect, compassion, humilité, amour de soi et des autres permettent de faire progresser la confiance et de diffuser la chaleur (humaine et affective) autour de soi. Chaque instant est un renouveau pour mieux apprendre d’Elle (la confiance en soi). La volonté de chacun contribue à la mise en œuvre de l’édifice humain, sociétal et planétaire.
En adoptant une attitude d’ouvriers de la « foi », chacun peut reprendre contact avec l’enracinement de ses valeurs et croyances et permettre à l’autre de prendre la place qu’il lui revient dans son environnement.

Lorsque le travail est engagé sur la Confiance en soi, la question de l’éducation se pose. L’apprentissage transmis par les parents,  le système scolaire et l’environnement, dès l’enfance, joue un rôle prépondérant sur la construction affective, émotionnelle et relationnelle  de la personne. Les histoires issues de l’enfance remontent comme un « bouchon à la surface de l’eau ».
Heureux ou malheureux, les souvenirs  s’inscrivent dans la mémoire de chacun et même s’ils sont occultés, ils sont la cause de l’épanouissement du fruit. Par exemple, un enfant qui aurait régulièrement été dévalorisé par une personne proche, aura plus de difficultés à reprendre confiance. Néanmoins, cela aura peut-être développé d’autres aspects de son caractère et dans la récurrence d’épreuves affectives difficiles, il ne lui est pas impossible d’aller puiser des forces de courage pour « réussir ».
Chacun est différent et « unique ». L’éducation a ses bons et ses mauvais côtés. En effet, elle est transmise par défaut, avec ou sans intention de bien ou de mal faire vis-à-vis des enfants.  Elle resitue l’enfant que nous sommes tous, au travers de nos propres enfants. Aussi, nos peines et nos blessures non réglées et a fortiori non guéries sont remises, comme un fardeau inconscient sur les épaules des descendants. A eux de trouver tout ce qui est en eux pour se libérer du poids des contraintes et des peines, enchaînant  l’esprit créatif.

En général, la non-considération pour soi-même est un des signes les plus marquants de la perte de confiance. Se dire que « je ne sers à rien », que « je suis nul », que « je ne vaux rien », que « je n’arrive à rien », que « je suis inutile »… exprime des souffrances enfouies et non libérées, non dites. En d’autres termes, dire « je ne suis pas d’accord avec moi » serait la phrase la plus adaptée pour signaler le manque de confiance en soi. Comme le disait Pablo Picasso : « Rappelle-toi, l’unique personne qui t’accompagne toute la vie, c’est toi-même, sois vivant dans tout ce que tu fais ».

Pablo Picasso a bien résumé tout ce que peut représenter la confiance en soi. Mon accord ou désaccord en moi-même, m’offre la conscience de la personne que je suis en ce moment et me permet de valider le choix de mes directions ou au contraire de reprendre la voie qui est celle qui correspond le mieux à ce que je suis.

Quelles en sont les causes et les conséquences ?  A contrario de l’ego, le manque de confiance en soi est dans la justesse des prises de décisions et des choix. Est-ce réellement un manque de confiance en soi ou de fortes résistances qui empêchent de sortir des habituels schémas (tourner en rond) et de s’initier vers d’autres opportunités ? Dans ce contexte, le manque de confiance en soi est occulté par des craintes bien ancrées qui font obstacle à la progression et empêchent de concrétiser des projets de vie. Révéler la confiance en soi c’est avant tout s’autoriser à dépasser des freins, et faire tomber ces barrières limitatives pour accomplir des projets qui répondent à l’expression intérieure de ce que nous sommes et souhaitons. Cela a pour effet d’oser se risquer aussi bien dans des projets personnels que des projets professionnels. Alors, le ressenti positif dû au succès de la faisabilité par la personne renforce les forces individuelles de chacun, l’esprit de créativité, la motivation, les capacités d’investissement et l’ouverture aux autres et entre dans le cercle « vertueux » de la confiance en soi.

Tout être humain est en mesure de se faire confiance et de découvrir les possibilités que cela génère. Force est de constater que les hommes et les femmes ne s’appuient pas sur les mêmes critères de confiance. Pourtant les hommes et les femmes ont besoin de la confiance.

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Les sécurités dépendent du fait que l’on soit un homme ou une femme. Par un inconscient collectif  fort et non loin d’être abandonné (encore faut-il que ce soit le cas), les valeurs féminines sont de nos jours encore présentes.  L’inconscient collectif véhicule des a priori tels que la femme est un être faible et fragile, elle n’est pas au même niveau que l’homme et son rôle est de faire et d’élever des enfants (eh oui, c’est encore d’actualité!). Alors même si les choses changent, il n’en reste pas moins que les femmes se sentent étriquées dans un rôle qui leur a été imposé depuis plusieurs siècles (la période du Moyen Age en est la preuve!). Alors me direz-vous, nous ne sommes plus au moyen âge ! Certes, sauf que la mémoire du passé n’est pas effacée et met encore en danger des femmes pleines de courage et de bonne volonté qui connaissent les difficultés d’entreprendre, de créer, de fonder et de se fonder dans le monde des hommes, fait par les hommes et pour les hommes. La précarité de l’emploi, notamment, en est la preuve. C’est pourquoi, la femme se doit de se reconnecter avec la source vive de sa féminité : celle qui sait ce qu’elle a à faire et comment elle doit le faire. L’homme à qui on a répété qu’il est fort et qu’il ne faut surtout pas pleurer, ne pleure pas, en effet. En compensation à cet état, il a « honte » parce qu’il a échoué ou parce qu’il a trop »appris » que les larmes sont faites pour les femmes. Les sécurités qui le rassuraient autour de sa force physique et mentale s’effondrent et l’estime de soi en est altérée.

Avoir le courage de « voir » les causes et engager un processus d’acceptation, est un pas vers une solution. C’est ce que l’on appelle faire des deuils : arriver à parler de ce qui est épineux avec un détachement affectif et qui plus est, être en mesure d’avancer en étant capable de laisser au mieux tout ce qui est derrière soi, dans un sentiment de légèreté et de passé en tant que tel. Ensuite, cela permet de clarifier un objectif ou une orientation de vie et d’entamer des actions utiles à l’engagement personnel.

Notre société nous fragilise, comment se préserver
Sollicités tous les jours par des « performances » tout azimut (être le plus beau, le plus fort, acheter le dernier portable, ordinateur, jeu vidéo, être au top au travail, ne rien laisser paraître de fragilité dans la vie professionnelle et personnelle, éviter d’être malade, handicapé, être en couple et avoir des enfants, …), le paraître avant l’être n’est pas encore terminé. Pourtant les entreprises elles-mêmes sont contraintes par des législations qui obligent de préserver la santé mentale et physique des salariés. Il serait judicieux qu’enfin les entreprises comprennent que leur rentabilité passe par le bien-être des salariés. Pourquoi être aussi frileuses ? Peut-être, est-ce le temps de ne pas compter sur les entreprises pour prendre soin de soi et de se prendre en charge pour laisser éclore la vraie personne. Au-delà de répondre aux attentes des performances imposées par un système économique, posons-nous la question de savoir si notre devoir envers nous-mêmes et pour le bien de la collectivité, n’est pas celui de se voir avec bienveillance, compassion, indulgence, humilité et respect. Tout cela est en vous au travers de votre confiance et par Elle.

Elisabeth Pinguet
Consultante et Formatrice en Accompagnement Humain
Fondatrice de « Bouche à Oreille »

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