La voiture, les impacts liés à la mobilité, les solutions

La Semaine de la mobilité s’est déroulée cette année du 16 au 22 septembre, suivie de près par la journée nationale de la qualité de l’air, le 25 septembre. Le mois de novembre sera également l’occasion de découvrir les nouveautés du salon de l’auto, du 14 au 22/11 et de faire le point sur cette sacrée voiture, bien utile mais qui nous coûte cher et qui génère des impacts sur notre santé et sur notre environnement !
Franck Chatelain (ADEME MIdi-Pyrénées) évoque les impacts liés à la mobilité sans oublier les solutions possibles pour les limiter.

Les impacts de la mobilité sont nombreux puisqu’ils affectent notre santé et notre environnement, ainsi que nos déplacements au quotidien avec leur lot de perturbations (embouteillages, stress…).
Concernant notre santé, les transports routiers engendrent des impacts importants en France tels que le bruit (fatigue, insomnie, hypertension…), la pollution de l’air qui engendre 20 à 30 milliards d’euros de coûts de santé, l’exposition aux particules fines responsable de 42 000 morts prématurés par an.

Quant à notre environnement, sachez qu’en Midi-Pyrénées, par exemple, le transport représente plus d’1/3 de la consommation d’énergie (35%) et plus de la moitié (51%) des émissions de gaz à effet de serre, responsables du dérèglement climatique. Chaque français émet chaque année 2 tonnes de Co2, liées à ses déplacements.

Parmi les autres impacts liés aux transports routiers, on peut noter les embouteillages et la perte de temps, le coût financier important (carburant, entretien du véhicule…), soit plus de 6 000 € par an pour une voiture individuelle, citadine essence (environ 20 fois le coût des transports en commun) ; c’est le 2ème poste de dépense après le logement et avant l’alimentation ! Plus de 60% des consommations de carburant sont dues aux particuliers.

Mais les solutions existent… Que pouvons-nous faire concrètement ? A l’achat : quel modèle choisir ?L’étiquette énergie et le bonus-malus sont de bons indicateurs. Fiez-vous à l’étiquette énergie : elle indique les consommations de carburant et les émissions de CO2 du véhicule neuf. Le site www.carlabelling.ademe.fr donne ces informations pour tous les véhicules neufs vendus en France ; sont également indiqués les bonus-malus des différents modèles.
Renseignez-vous sur le bonus ou le malus d’un véhicule neuf. Le bonus est une aide financière (entre 1 000 € et 6 300 €) à l’achat de véhicules neufs émettant peu de CO2 (entre 0 et 110 g de CO2/ km) ; plus les émissions sont faibles et plus le bonus est élevé. Le malus est une taxe (de 150 € à 8 000 €) à l’achat de véhicules neufs émettant beaucoup de CO2 (à partir de 131 g de CO2/ km) ; plus les émissions sont fortes et plus le malus est élevé

Il existe un nouveau bonus supplémentaire depuis le 1er avril 2015. L’achat ou la location d’un véhicule électrique ou hybride neuf en remplacement d’un véhicule diesel ancien peut bénéficier d’une prime supplémentaire (de 2 500 à 3 700 €). Ce nouveau bonus se cumule avec le bonus écologique existant.

Des aides spécifiques, abattements ou exonérations mais aussi des malus supplémentaires existent également dans certains cas teles que l’aide spécifique de 500 € accordée aux ménages non imposables dans certaines conditions, abattement pour les familles nombreuses, exonération pour les véhicules acquis par des personnes à mobilité réduite, « malus annuel » pour un véhicule émettant plus de 190 g de CO2/ km,…

Le type de motorisation intervient également dans les choix et leurs conséquenes. Essence et gazole sont les plus courants. Bien que les nouveaux moteurs soient plus performants et émettent moins de GES qu’avant, ils émettent encore, malgré tout, un certain nombre de polluants (CO2, oxyde d’azote, particules fines…).

Les véhicules hybrides et électriques
Les véhicules hybrides (moteur thermique associé à un moteur électrique) permettent de faire des économies de carburant qui peuvent être supérieures à 30% en ville.
Les véhicules électriques conviennent bien pour des trajets en milieu urbain (domicile-travail par exemple) ; autonomie d’environ 150 km ; non polluants et silencieux, nécessitant peu d’entretien.

GPL, GNV et biocarburants
Les moteurs au GPL (gaz de pétrole liquéfié) et au GNV (gaz naturel véhicule) rejettent très peu d’oxyde d’azote et pas de particules.
Les biocarburants sont composés du « sans plomb 95 – E 10 » (jusqu’à 10% d’éthanol), du « superéthanol ou E 85 » (85% d’éthanol et 15% d’essence > nécessite une motorisation adaptée) et du « biodésiel » (issu d’huile de colza, de soja ou de tournesol), ajouté au gazole ; leur utilisation permet de diminuer les émissions de GES et de certains polluants.

La taille du véhicule
Choisir une taille de voiture adaptée au nombre de personnes à transporter et aux usages les plus courants permet de faire un compromis entre prix d’achat, consommation et utilisation. Plus une voiture est puissante et lourde, plus elle consomme.

A l’usage : quelles pratiques adopter ?
L’éco-conduite permet de minimiser la consommation de carburant. Au démarrage, commencez à rouler à vitesse modérée et accélérez doucement ; sinon, la surconsommation en ville peut atteindre 45% sur le 1er km !
Conduisez sans agressivité, sans à-coup et pas trop vite. Une conduite agressive en ville augmente le stress, la pollution et la consommation jusqu’à 40%.
Choisissez un régime adapté à la vitesse à laquelle vous roulez car ne pas pousser le régime moteur peut faire économiser jusqu’à 20 % de carburant. Servez-vous modérément de la climatisation qui engendre une surconsommation de 20% en ville.
Faites entretenir régulièrement votre voiture : une voiture mal entretenue peut consommer jusqu’à 25 % de plus.
Vérifiez la pression de vos pneus (pneus sous-gonflés = surconsommation) et achetez-les en fonction de leur étiquette énergie, laquelle indique la consommation d’énergie, l’adhérence sur route mouillée et le bruit extérieur de roulement.

covoiturons-sur-pouceFaire du covoiturage
Le principe : se regrouper avec d’autres particuliers pour partager un véhicule et les dépenses sur un trajet commun. Tisséo à Toulose propose, sur l’aire urbaine de Toulouse, un service de covoiturage – accessible par téléphone (05 34 66 51 48) et depuis Internet (http://covoiturage.tisseo.fr).. A cela 4 avantages : moins de frais + moins de voitures + moins de pollution + plus de convivialité. Notons que sur un trajet de 30 km effectué chaque jour, le covoiturage permet d’économiser 1 550 € par an et par personne

Adopter l’autopartage
Le principe : Système de location de voitures en milieu urbain, qui permet d’utiliser les véhicules en libre-service et de façon ponctuelle. Exemple : Citiz à Toulouse (http://toulouse.citiz.coop).
3 avantages : moins de voitures en ville + mutualisation des frais (achat, assurance, entretien) + utilisation d’un véhicule uniquement pour la durée de son besoin. L’autopartage entre particuliers se développe également.

 

Franck CHATELAIN – Responsable Communication & coordinateur du réseau régional INFO ENERGIE – ADEME Midi-Pyrénées
Photos : ADEME

Pour en savoir plus :
La semaine européenne de la mobilité qui s’est déroulée cette année du 16 au 22 septembre 2015 (www.bougezautrement.gouv.fr)
Le site Internet de l’ADEME : http://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/deplacements