Le Billet de Patrick Noviello

Solidarité territoriale

Si certains se demandent encore pourquoi il faut s’intéresser aux élections départementales, qu’ils sachent que l’actuel Conseil Général s’occupe de tout un arsenal de mesures sociales. RSA, allocations personnes âgées, dépendantes ou handicapées, les répercussions de ces compétences sur notre quotidien sont primordiales. Et que dire des services qui s’occupent également de la petite enfance ou encore des collèges.

Dommage en revanche que les programmes qui sont actuellement distribués par les candidats ne retranscrivent peut-être pas de manière suffisamment pédagogique cet état de fait et surtout l’orientation politique qui peut être donnée à l’application de telles mesures.

Evidemment, contrairement à ce que de nombreux lobbies d’experts ou thinks tanks veulent nous faire croire, l’aide sociale n’a pas les mêmes contours, gérée par la droite ou la gauche, et demeure un concept beaucoup plus flou d’un parti à l’autre, notamment au sein de celui que tous les sondages nous donnent favoris. Il est primordial de se souvenir de cela.

La semaine dernière, le Premier Ministre escorté de plusieurs membres du gouvernement a fait le déplacement à Laon en Picardie, pour y parler ruralité. Deux jours auparavant, l’Assemblée Nationale adoptait le projet de loi définissant les compétences des futurs conseils départementaux. Parmi elles : la solidarité territoriale.

Autrement dit comment faire pour que tous les bassins de vie d’un même territoire soient logés à la même enseigne, qu’une grande ville n’absorbe pas tous les financements publics, tous les services, tous les savoirs aux dépends de ses campagnes environnantes, au risque de la désertification de celles-ci. C’est cela aussi une politique départementale : veiller à la survivance de la ruralité et à l’équilibre.

Faire que notre pays ne devienne pas un agrégat de villes, petites, moyennes ou grandes, reliées par des routes qui traversent des terres vidées de leurs habitants, de leur culture, de leur vie, voilà un bel enjeu de campagne, sans mauvais jeu de mots. Il constitue aussi un défi de taille pour la solidarité. Un des candidats que j’interrogeais dernièrement me rappelait un fait historique qu’il est bon de ne pas oublier. Sous l’occupation, les villes françaises n’ont pu nourrir leurs populations que grâce aux paysans alentours qui cultivaient encore leur terre.

Alors oui les temps ont changé, la guerre n’est plus à notre porte, bien heureusement, mais les urbains ont encore besoin de leurs voisins ruraux et vice et versa. Chacun doit, aujourd’hui comme hier, avoir la possibilité de vivre, de travailler, de se soigner, de finir ses jours où il l’entend. Cela se nomme la solidarité territoriale. Elle est, selon moi, le véritable thème central des élections à venir. A bon entendeur…