Publication : Des auxiliaires dans votre jardin

Par Christian Moretto journaliste à Radio Occitanie, TV SOL et e-volutions

Blaise Leclerc(1) et Gilles Leblais (2) viennent de publier chez Terre vivante « Des auxiliaires dans mon jardin » ou comment les attirer, les loger et les nourrir.

AUXJA_C1VHD-(1)Si certains jardiniers amateurs et de trop nombreux agriculteurs utilisent des tonnes et des tonnes de fongicides, insecticides, engrais chimiques, d’autres choisissent d’observer et de préserver la biodiversité. Blaise Leclerc souligne qu’une loi a été votée au début de l’année 2014 qui propose dans quelques années « la fin de l’utilisation des pesticides dans les jardins, en premier lieu pour les collectivités et ensuite pour les particuliers ». En clair les grandes surfaces ne devraient plus vendre de produits dangereux pour le jardinage.

Mais comment faire faire pour préserver un équilibre entre les végétaux que je cultive, ceux qui poussent spontanément et les animaux qui se nourrissent des deux ?
Il faut tout d’abord éviter de tuer les inlassables ouvriers qui travaillent pour nous « même les classiques motoculteurs avec des fraises font beaucoup de dégâts et quand on peut s’en passer, c’est aussi bien, pour préserver notamment les célèbres lombrics ». Blaise Leclerc ajoute « dans cet ouvrage, nous avons pris le parti, sous le terme d’auxiliaires, de vraiment parler de tous les animaux qui jardinent avec nous. A la fois les prédateurs connus comme la coccinelle qui va manger les pucerons, mais également les décomposeurs. Y compris ceux que l’on ne voit pas comme les bactéries, les champignons, mais également les pollinisateurs. »

Ouvrez l’œil
« Quand on utilise un pesticide, on risque de toucher tous les animaux utiles. » Le jardinier peut être surpris « j’ai découvert une petite limace qui s’appelle la testacelle. J’avais tendance à l’envoyer dans la parcelle d’à côté en pensant qu’elle allait me grignoter des légumes. En fait, c’est une limace qui est carnassière et qu’il faut conserver dans notre jardin ».

Mais comment devient-on jardinier au naturel ? « J’ai commencé à jardiner en Ariège, je n’ai jamais utilisé aucun produit chimique, mais cela m’est arrivé d’écraser à la main les pucerons noirs sur les fèves. Ensuite, je me suis aperçu qu’en ne faisant rien, les pucerons disparaissaient grâces aux larves de syrphes, de chrysopes et de coccinelles. C’est juste une question d’observation et de patience ».
Je vous conseille de lire cet ouvrage très bien illustré, avant de vous lancer dans une guérilla qui mettrait en danger l’équilibre de votre jardin.

(1) Blaise Leclerc est ingénieur agronome et jardinier depuis plus de 30 ans. Spécialisé dans les relations entre l’agriculture et l’environnement, il est expert à l’Institut technique de l’agriculture biologique.
(2) Gilles Leblais, ornithologue, auteur, photographe et journaliste naturaliste, s’est spécialisé dans l’aménagement du jardin pour accueillir la faune sauvage.
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